Ames-sœurs
Là –haut, deux âmes - sœurs, entrées hier en errance,
Larmes d’amour gelées qui ne couleront plus,
Meurent leur solitude au seuil d’une aube nue,
Veuves de leur Echo condamné du silence.
Là-bas roulent les flots, dans les vallées de larmes.
Des enfants exploités, silencieusement,
Produisent mon confort, du profit, et des armes,
Tandis que l’on bâillonne au voile leur maman.
Là-haut, dans les courants glacés du souvenir,
Grelottant de chagrin et mendiant leur chemin,
Deux cœurs désemparés retiennent leurs soupirs,
Sont-ils fous ces deux là que la nuit seule tient !
Ici l’homme qui tremble, ici radio moi-moi,
L’un habite un carton, et l’autre place en Suisse ;
Ici les loups festoient, femelle ouvre tes cuisses,
Fourrure d’astrakan où bavent tes émois.
La nuit porte ma voix aux confins du désert,
Tu ne vis que pour moi ; et pour ne pas mourir
Une étoile se pique à l’héro de mes vers,
Viens à moi que je plante une fleur de désir.
Là-haut pleurent les âmes, ici crèvent les cœurs.
Familier de l’obscur je savais ton mystère ;
Mais je voulais ton suc pour arroser ma terre,
Je voulais m’accrocher aux branches du bonheur.
Théo
3 octobre 2004 - 26 décembre 2005
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