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Mes Îles

Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 11:21


Ames-sœurs

 

Là –haut, deux âmes - sœurs, entrées hier en errance,

Larmes d’amour gelées qui ne couleront plus,

Meurent leur solitude au seuil d’une aube nue,

Veuves de leur Echo condamné du silence.

 

Là-bas roulent les flots, dans les vallées de larmes.

Des enfants exploités, silencieusement,

Produisent mon confort, du profit, et des armes,

Tandis que l’on bâillonne au voile leur maman.

 

Là-haut, dans les courants glacés du souvenir,

Grelottant de chagrin et mendiant leur chemin,

Deux cœurs désemparés retiennent leurs soupirs,

Sont-ils fous ces deux là que la nuit seule tient !

 

Ici l’homme qui tremble, ici radio moi-moi,

L’un habite un carton, et l’autre place en Suisse ;

Ici les loups festoient, femelle ouvre tes cuisses,

Fourrure d’astrakan où bavent tes émois.

 

La nuit porte ma voix aux confins du désert,

Tu ne vis que pour moi ; et pour ne pas mourir

Une étoile se pique à l’héro de mes vers,

Viens à moi que je plante une fleur de désir.

 

Là-haut pleurent les âmes, ici crèvent les cœurs.

Familier de l’obscur je savais ton mystère ;

Mais je voulais ton suc pour arroser ma terre,

Je voulais m’accrocher aux branches du bonheur.

 

 

Théo

3 octobre 2004 - 26 décembre 2005

 

 

Par Théo - Publié dans : Mes Îles - Communauté : Inspirations poétiques
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 12:44




Aujourd'hui

La musique : Gnossienne n° 1, piano, de Satie ...



Aujourd’hui,
Sur une zique de Satie,
Gnossienne mélancolique,
T’es parti.

Boul’ de poils pathétique,
Pt’it boiteux de la vie,
Toi, dernier ami,
Survivant d’années de pluie.

Te souviens-tu des jours jolis,
Quand tu jappais pour ton midi ?
Quand, sur les marches de chez nous,
Tu veillais au garde-à-vous ?

Tu étais toujours derrière,
Attardé et pataud.
Là où viendront les primevères,
Je pose ton dernier manteau.

Je t’ai aimé de mon mieux,
Cent fois tu m’l’as rendu.
J’espère que dans les cieux
T’attend l’amour perdu.


13/08/2004


***
Par Théo - Publié dans : Mes Îles - Communauté : Inspirations poétiques
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 22:40


Marc Chagall :

"Depuis ma première jeunesse, j'ai été captivé par la Bible. Il m'a toujours semblé et il me semble encore que c'est la plus grande source de poésie de tous les temps. Depuis lors, j'ai cherché ce reflet dans la vie et dans les Arts (...) Au fur et à mesure de mes forces, au cours de ma vie, bien que parfois j'aie l'impression que le monde est pour moi un grand désert dans lequel mon âme rode comme un flambeau, j'ai fait ces tableaux à l'unisson de ce rêve lointain. J'ai voulu les laisser dans cette maison pour que les hommes essaient d'y trouver une certaine paix, une certaine religiosité, une spiritualité, un sens de la vie (...) Et tous, quelle que soit leur religion, pourront y venir et parler de ce rêve, loin des méchancetés et de l'excitation (...) ; dans l'Art comme dans la vie, tout est possible si, à la base, il y a l'Amour."



Le Cantique des cantiques
(Littéralement : le plus beau des cantiques, le superlatif n'existant pas en hébreu)
Un chant d'amour entre une jeune femme (une Sulamithe, convoitée par le roi Salomon) et un berger
Adaptation très résumée de Théo

MUSIQUE

Elle :
Fille du soleil et de Jérusalem,
Je suis celle qui t'aime
Et qui ouvre sa couche
Aux baisers de ta bouche ;
Ton nom est un parfum,
Ton amour est un vin

Lui :
Tes joues entre colliers,
Ton cou parmi les perles,
Amie, que tu es belle,
Tes yeux comme colombes !

Elle :
Tu es comme un bouquet
Posé entre mes seins,
Une grappe de fruits
Des vignes d'En Guédi,
Tu es mon bien-aimé,
Mon amour, mon berger !

Mon bien-aimé me dit
« Lève-toi mon amie,
Viens respirer les fruits,
Fais entendre ta voix,
Fais-moi voir ta figure,
Retiens le jour qui fuit,
Sors du rocher fendu
Qui te cache à mes yeux ;
Car l'hiver a passé
Et la pluie a cessé,
C'est le temps de chanter ! »

Et moi je suis à lui,
Berger parmi les lys

Sur ma couche la nuit,
J'ai cherché dans l'ennui,
Je ne l'ai pas trouvé
Celui que mon cœur aime ;
Mais je me lèverai,
J'irai par rues et places,
Là où les gardes passent,
Que j'interrogerai :
Où est celui que j'aime ?



Lui :
Amie, que tu es belle !
Les colombes des yeux,
Le troupeau des cheveux
Qui montent comme chèvres
Aux flancs de Galaad,
Le fil rouge des lèvres,
Et je danse sur elles !
Tu me ravis le cœur,
Ma fiancée, ma sœur
Par un de tes regards,
Par un de tes colliers !
Que de charmes d'amour,
Ma sœur, ma fiancée,
Tes lèvres coulent le miel,
Sous ta langue du lait,
Et l'odeur du Liban
Au creux des vêtements !
Tu es jardin fermé,
Une source scellée,
Fontaine dont les jets
Enferment un jardin
Où sont des grenadiers !

Aquilon, vent d'Autan,
Soufflez sur le jardin
Le nard et le safran
La myrrhe et l'aloès,
Le roseau et l'encens !
Reviens ma Sulamithe,
Que nous te regardions !
La grappe de tes seins,
Le palmier de tes reins
Le parfum de ton souffle
Et le vin de ta bouche ...

Elle :
Et que mon bien-aimé
Entre dans mon jardin
Et qu'il mange mes fruits ;
Que sa main gauche
Soit sous ma tête
Et que la droite m'embrasse.

Je vous en conjure,
Filles de Jérusalem,
Ne réveillez pas l'amour
Avant quelle ne le veuille !


Théo
Mars 2009


Par Théo - Publié dans : Mes Îles - Communauté : Inspirations poétiques
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